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Football - La valeur des joueurs croates selon Owen

Incroyables les absurdités que peuvent sortir certains joueurs. Je n'aime pas vraiment réagir à chaud sur des déclarations provocantes dans la presse mais celle de Michael Owen dans le Sun sont quand même trop grosses pour les laisser passer.

L'attaquant vedette de Newcasttle a déclaré qu'aucun croate n'aurait sa place en équipe d'Angleterre. Il précise qu'il a vu le match Angleterre-Croatie mais je ne suis pas sûr d'avoir vu le même match que lui. D'accord les anglais ont eu le ballon encore faut-il savoir quoi en faire. Les croates ont bien défendu, bien contré et même construit quelques belles actions.

Owen renvoie les critiques en rapport aux talents des joueurs: "Est-ce que cela n'indique pas que le problème ne réside pas dans notre talent et notre technique mais dans nos têtes?". La pression et l'attente du pays sont pour lui les principaux maux de cette équipe. Pourtant Gerrard, Beckham, Crouch, Lampard, Terry et Owen lui même ont tous remporté des titres majeurs en club dans des stades pleins et des ambiances tendues.

La réalité du terrain c'est que l'Angleterre n'a quasiment aucun plan de jeu. Les longues balles en l'air pour Crouch sont les seuls initiatives que l'on a vu à Wembley. Roy Kean parlait de l'égo des joueurs et Owen démontre encore un peu plus qu'ils se voient très beaux ces joueurs anglais. Ils se sont endormis sur leurs lauriers contre la Russie encaissant 2 buts dans les 20 dernières minutes du match avec à la clé une défaite qui coûte très cher. Même symptôme contre la Croatie: revenus de 0-2 à 2-2, les hommes de McClaren, ont été incapables de rester dans le match. C'est la Croatie qui choisissait le rythme du match l'Angleterre n'a fait que réagir comme elle pouvait aux intentions croates et cela donne encore une défaite en fin de match.

Eduardo en est à 13 buts en 21 sélections, Petric 9 en autant de sélections et puis les milieux Kranjcar et Modric sont aussi de très bons joueurs. Ce n'est pas parce que l'on a pas vu le Lampard de Chelsea et le Gerrard de Liverpool avec l'équipe nationale que les joueurs en face sont des guignols. Attention à ne pas se limiter aux noms inscrits sur les maillots et aux individualités dans un sport collectif comme le football...

Owen - The Sun
Owen - Eurosport

Football - Pas d'Euro 2008 pour l'Angleterre

On savait l'équipe anglaise en difficulté depuis le début des qualifications pour l'Euro co-organisé par la Suisse et l'Autriche. Mais après bon nombre de rebondissements, la défaite russe face à Israel semblait offrir la qualification aux hommmes de McClaren. En effet, ce soir, l'Angleterre n'avait besoin que d'un match nul à domicile, face à la Croatie, pour décrocher son billet.

Wembley prend l'eau:
Mais privés de Rooney, Ferdinand, Terry, Owen et avec Beckham sur le banc au début du match, les coéquipiers de Steven Gerrard ont peiné à imposer un rythme dans la première mi-temps. Rapidement mené 1-0 à cause d'une nouvelle bévue d'un gardien "made in England" (Scott Carson remplaçait le très perméable Robinson), les anglais réagissent par Wright-Philipps avant de s'endormir. La Croatie profite de la passivité de l'équipe adverse pour jouer les contres à fond. Comme un symbole, Eduardo et Olic se jouent de 5 défenseurs adverses avec une seule passe qui transperse la défense; Olic conclue après avoir dribblé Carson. Après 14 minutes de jeu l'Angleterre est menée 2-0 par des croates d'un réalisme glaçant. Il faut attendre la 42ème minute de jeu pour voir la première parade du gardien anglais suite à un superbe déboulé de Modric.

La réaction:
Mené 2-0 à la pause, McClaren se fait violence: il sort Wright-Philipps remplacé par Defoe et fait rentrer David Beckham à la place de Barry. Les changements font beaucoup de bien à l'équipe dès le début de seconde période. Les centres de "Becks" mettent la pression sur la défense croate qui craque dès la 55ème minute par Simunic, auteur d'un tirage de maillot sanctionné d'un penalty que Lampard transforme sans problème. Le match devient fou et deux petites minutes plus tard, parfaitement servi en profondeur par Modric, Olic est contré par Bridge... le ballon s'écrase sur la transversale. Sur le corner qui suit Carson sort un arrêt réflexe incroyable encore face à Olic. Beckham choisit alors ce moment pour faire tourner la rencontre en sa faveur. L'ex-galactique adresse un centre merveilleux à Crouch qui finit proprement le travail par un enchaînement amorti poitrine-volée. Superbe but et d'autant plus beau qu'il offre à ce moment la qualification à l'Angleterre.

La désillusion:
Mais fort d'un parcours exemplaire depuis sa prise de fonction en 2006, le jeune entraîneur croate et toute son équipe jouent la victoire. Slaven Bilic fait rentrer des joueurs frais avec Pranjic et Petric. On retrouve ces deux hommes quelques minutes après leurs entrées puisque Pranjic décale Petric, celui-ci ne se pose pas de question et décoche une frappe du gauche qui met l'Angleterre au tapis. Après un gros quart d'heure de "hourrah football" et une dernière occasion manquée de justesse par Darren Bent, l'Angleterre est bien éliminée.
Le plus surprenant dans cette partie a été de voir la maîtrise montrée par la Croatie. Même s'ils se font fait rejoindre à force de reculer et ont manqué de chance sur certaines occasions, les croates ont donné l'impression de gérer le match et eu plus d'occasion franches. Ils ont joué de façon très lucide en contre et ont même été capables collectivement de reprendre l'ascendant après l'égalisation de Crouch.

Le cas Modric:

Le meneur de jeu croate de 22 ans a été extraordinaire lors de ce match. Une énorme qualité de controle, de passe et le coup d'oeil qui lui permet de servir ses partenaires ou de se rendre disponible. Avec son petit gabarit et son style de jeu, il rappelle très fortement un certain Thomas Rosicky. Physiquement il a aussi été très performant lors des 90 minutes malgré des conditions de jeu difficiles (pelouse détrempée). Alors qu'il est déjà annoncé à Arsenal ou Chelsea pour des sommes colossales, Luka Modric a en tout cas prouvé qu'il se sentait bien sur une pelouse anglaise, surclassant au passage les deux stars du pays Lampard et Gerrard.

L'imbroglio du milieu:
Lampard a été particulièrement invisible dans ce match. A part une transversale pour Beckham et son penalty, le joueur de Chelsea n'a pas tenté ni réussi grand chose. Son association avec Gerrard est toujours aussi infructueuse. Offensivement le capitaine des "Reds" de Liverpool a lui beaucoup tenté et s'est arraché pour son équipe mais son jeu de passe court et long a été trop approximatif pour être décisif. Joe Cole a réussi, comme toujours, quelques rush dont il a le secret avec l'inefficacité qui est la sienne depuis un certain temps déjà.

Les seules satisfactions viennent de Beckham et Crouch. Le "Spice Boy" a relancé l'équipe à lui tout seul en deuxième mi-temps tandis que Peter "the Robot" s'est battu tout seul sur des ballons improbables pendant tout le match. Mention spéciale au très beau but que le duo s'est offert. En l'absensce de Rooney et Owen on peut s'intérroger aussi sur l'absence de Walcott dans le groupe. Excellent avec Arsenal depuis quelques semaines, le jeune gunner méritait sûrement d'avoir sa chance à la place de Wright-Philipps.
Il paraît inconcevable qu'une nation avec autant d'individualités (Rooney, Lampard, Gerrard, Bekcham, Terry, Joe Cole, Ferdinand, Ashley Cole, Carrick) ne puisse pas se qualifier à une compétition majeure, et pourtant. Alors la FA va devoir revoir sa façon d'organiser le football anglais. La mise en place de quotas de joueurs anglais en premierleague est la solution dans l'air pour favoriser la sélection. Dossier à suivre de très près.

Chelsea et Arsenal, les enchères montent pour Modric : 42 M€ ?!

Rugby – La France tombe

Le grand match opposant les deux meilleures nations de l'hémisphère nord a eu lieu hier dans le cadre d'une demi-finale de coupe du monde. Comme en 2003 c'est l'Angleterre qui s'est imposé de justesse cette fois-ci.

Encore une fois la France n'est pas capable de confirmer après un exploit : victoire contre la meilleure équipe du monde et défaite rageante en déjouant contre l'Angleterre. On savait ce match tactique et les coups de pied y ont eu une importance toute particulière. Le premier essai anglais, dès la 1ère minute vient d'une erreur de Traille sur un coup de pied. C'était à craindre et c'est arrivé : Traille excellent face aux Blacks a été beaucoup plus hésitant et ses montées pas très bien senties dans l'alignement ont failli causer des contres attaques meurtrières.

A l'inverse, Beauxis qui n'avait pas été transcendant la semaine dernière a cette fois-ci été indispensable par son jeu au pied, précis et puissant. Tant qu'il a été sur le terrain, la France a assez bien maîtriser le match sans vraiment le dominer pour autant. Autre joueur très en vu, Clerc a quasiment été le seul avec Jauzion à faire des différences individuellement.

La déception est amère parce que le XV de la rose a fait exactement ce qu'on attendait de lui mais on n'a pas pu les empêcher de nous doubler sur le fil. Là où l'on aurait dû se mettre à l'abri pendant les 60 premières minutes, on est toujours resté, non seulement à portée d'essai mais aussi à portée de drop ou de pénalité. On l'a payé cher et on savait que contre ce type de jeu on le paierait.

Certains évoquent des joueurs français incapables de changer de système de jeu et de concrétiser. Si l'on ne peut pas nier la défense acharnée des anglais, on peut tout de même se plaindre des deux mêlées à 5 mètres qui se sont soldées par aucun point. Si Henry manquait deux pénaltys dans un match de football contre l'Italie on lui en voudrait et on aurait raison. Ces mêlées équivalent presque à des penaltys de football dans un match aussi serré que ce type de match. Une pénalité pour un placage haut ni vraiment volontaire, ni dangereux sur Robinson, un drop assassin de Wilkinson, la France craque au plus mauvais moment. La timide réaction de dernière minute n'y changera rien. La France s'incline encore face à son rival de toujours.

LA FRANCE NE JOUE PLUS :

On reproche logiquement aux bleus de ne pas avoir produit plus de jeu, plus joué au large, où la différence semblait faisable. Cependant Serge Simon posait, aujourd'hui sur RMC, la question d'un plan B : l'équipe de France était-elle capable de fournir un autre jeu que celui fourni ? On est en droit de se poser la question tant les bleus ont paru incapables de mettre en place des combinaisons, d'envoyer des ballons sur l'aile, d'accélérer le jeu. Peut-être a-t-il manqué un leader sur le terrain capable de mettre en marche un jeu offensif, de dire à ses partenaires « maintenant on joue tous les ballons et on les va les faire plier ». Et la France avait largement de quoi faire plier le XV de la rose. La vision de jeu de Skrela, la puissance de Rougerie, la malice de Mignoni auraient pu changer l'issue de ce match. Facile de faire ce genre de supposition après le match mais Skrela avait le profil parfait pour un match de ce genre : joueur revanchard, complet techniquement, très intelligent dans ses choix. J'avais déjà évoqué ma préférence pour Rougerie par rapport à Heymans dans un billet précédent et la performance du toulousain tend à me donner raison. Bernard Laporte rappellait la satisfaction d’avoir quand même battu la meilleure équipe du monde… il n’était sûrement pas le seul à être resté bloqué la semaine dernière.

LA VICTOIRE DE LA DEFENSE :

Dans cette coupe du monde bizarre, trois des quatre équipes qui jouent le mieux et le plus au rugby (Nouvelle Zélande, Australie, France) ont déjà été éliminé. La France avait sorti les Blacks en les prenant en contre mais dans un match sublime par son intensité et les initiatives prises. Hier la France est sorti dans un match beaucoup plus terne, presque ennuyeux tant les joueurs se sont regardé au lieu de provoquer. Jacques Verdier, directeur des rédactions de Midi Olympique, désire déjà entamer le débat sur les règles du rugby parce que voir l'Angleterre en finale et peut-être l'Argentine, cela prouve clairement que le rugby de mouvements, de passes rapides, de balle en main est aujourd'hui en péril. Fabien Galtié, dans Stade 2, souligne également des changements de règles datant de 1999 qui permettent aux défenses de se replacer plus rapidement. Tous ceux qui aiment le beau rugby sont donc derrière l'Afrique du Sud, seule nation du tri nations encore en lice, seule nation du tri nations capable de gagner un match avec son pack au besoin (cf Afrique du Sud – Fidji). TF1 devait déjà se frotter les mains à l'idée d'une revanche France-Argentine en finale. Espérons alors que ce sera plutôt la revanche du 36-0 infligé par l'Afrique du Sud à l'Angleterre plutôt qu'un Argentine-Angleterre qui s'annonce sans saveur.

Rugby – Black and White

Bernard Laporte et le staff de l'équipe de France ont reconduit les 22 qui ont battu les Blacks, samedi dernier. Pas vraiment de surprise donc même si beaucoup attendaient Michalak en titulaire. L'ex ouvreur de Toulouse a été décisif dans le match contre la Nouvelle Zélande en offrant l'essai de la victoire à Jauzion, mais Bernard Laporte semble plus le considérer comme un joker et le match de la semaine dernière semble lui donner raison. Dure coupe du monde pour David Skrela, il n'a joué que le match perdu contre l'Argentine et ne figure toujours pas dans le groupe qui jouera l'Angleterre. Lui qui avait emmené les bleus vers la victoire du tournoi des 6 nations il y a quelques mois ne semble pas être dans les plans du sélectionneur. Malgré sa très mauvaise performance contre les Pumas, le joueur du stade français a été très constant cette saison et il pourrait jouer en premier centre faisant passer Jauzion en second centre, remplaçant un David Marty percutant mais pas irréprochable en défense.

LA STRATEGIE D'ATTENTE :

Ce qui paraît bizarre avec le XV qui sera titulaire c'est que l'on semble se diriger vers une stratégie similaire à celle jouer contre les Blacks en première mi-temps : beaucoup de jeu au pied, du gagne terrain et du jeu uniquement dans le camp adverse. Contre les Néo-Z, cette tactique avait permis de limiter la casse à la mi-temps ; c'était indispensable pour rester dans le match et se donner les moyens de faire douter les joueurs de Graham Henry en deuxième mi-temps. Contre les anglais on sait d'avance que l'on ne se retrouvera pas à 25 ou 30 points à la pause puisque ce n'est pas une équipe très joueuse. Le bénéfice d'une stratégie d'attente en première période est donc quasi nul.

Peut être que les consignes seront alors différentes malgré les mêmes joueurs alignés : Beauxis est aussi capable de faire joueur, d'accélérer le jeu, de percer même s'il est catalogué comme un pied, Traille pourrait profiter de sa taille (1.94 m tout de même !) pour lancer des chandelles à suivre plutôt que de chercher les touches systématiquement. De même Clerc et Heymans ne se sont pas vraiment exprimé balle en main samedi dernier alors qu'ils ont tous deux des qualités d'appui, de débordement qui donneront des possibilités de relances ou de jouer des ballons côté fermé. Heymans ne me paraît cependant pas être le meilleur choix d'ailier : dans le même registre de joueur puissant et rapide, Rougerie a une meilleure capacité à percer une défense resserrée comme risque de l'être celle des anglais.

En ce qui concerne les avants, les vétérans Ibanez, De Villiers et Pelous ont semblé dépassés dans l'intensité physique face à des Blacks maîtres en ce domaine. Cependant leur expérience pourrait être un plus dans un match qui s'annonce plus tactique que guerrier. Si cela n'était pas le cas, Szarzewski, Poux, Harinordoquy et notre Chabal national se chargeraient de remettre de l'intensité dans les impacts comme ils l'ont fait en rentrant contre les Blacks.