Les reproches pleuvent sur le sélectionneur national, ce qui est assez normal au vu des résultats et du jeu de l'équipe de France à l'Euro 2008. La France a déjà remporté deux fois cette compétition et ne peut se contenter d'une élimination en phase de poule, malgré toutes les circonstances aggravantes que l'on connait. Les critiques sont donc tout à fait acceptables et d'autant plus acceptables lorsque l'on regarde la qualité du « parc de joueurs professionnels » que l'on a en France. Je vais donc aussi y aller de mes attaques sur le travail de Raymond. Pour rester dans le juste et ne pas polémiquer sur un remplacement, un choix tactique ponctuel, ou même telle ou telle déclaration, il me paraît approprié de se rappeler de l'avant-Euro. Car c'est dans cette période qu'une grande partie des choses se jouent, en particulier pour le sélectionneur qui ne peut ensuite que corriger légèrement le tir. Avec Chelsea en finale de Ligue des Champions et Lyon en finale de la Coupe de France, Raymond Domenech se retrouve en difficulté et surtout en manque de temps pour préparer son groupe. Et si le –toujours –sélectionneur des Bleus avait bien senti venir l'histoire en établissant une liste élargie à 30 joueurs, on peut s'interroger quant à l'intérêt de ce procédé. En effet les 7 joueurs appelés en soutien, qui ont participé au début de la préparation, devaient servir roues de secours en cas de pépins physiques ou d'incertitude de l'un des 23 supposés. Domenech a bel et bien utilisé les possibilités offertes par la liste élargie puisqu'il a incorporé Gomis, à la faveur d'un exploit contre l'Equateur et Mandanda, comme récompense de sa saison marseillaise, dans le groupe qui est parti en Suisse. Mais au final les plans ne changent pas : ces deux surprises – assez grosses certes – ne concernent que le 2ème ou 3ème gardien et le 3ème ou 4ème attaquant, donc des joueurs ayant peu de chances de dépasser la demi-heure de jeu sur l'ensemble de la compétition. Le problème du groupe établit par Domenech est qu'il comprend trop d'incertitudes. Derrière les déclarations de joueurs brandissant le bouclier de « cadres » qui savent se transcender, on est dans le flou. Avant la compétition on est incapable de juger de l'état de forme réel de Malouda, Vieira, Thuram, Gallas, Sagnol, Henry, Coupet et Anelka. Tous sont atteints par des circonstances (blessure, retour de blessure, peu de matchs joués dans la saison, mauvaises performances chroniques, mental entamé) et ne peuvent garantir leurs rendements habituels. Et c'est celui-là mon principal reproche au (peut-être) futur mari d'Estelle Denis : ne pas avoir prévu de plan de rechange. Car il avait fait son possible en demandant le report d'une semaine de la finale de la Coupe de France. Mais cette requête étant restée infructueuse, il aurait été judicieux d'agir en fonction de cela et de la finale de Ligue des Champions perdue par Makelele, Anelka et Malouda. D'autant qu'en appelant au cours des phases qualificatives Nasri, Ben Arfa, Trezeguet, Mexès, Escudé, Lassana Diarra, Flamini, Alou Diarra, Mavuba, Sagna, Frey, Rothen, le cerveau de l'équipe de France s'était offert le luxe d'avoir des alternatives valables et testées sous le maillot de la sélection. Malgré un mois de mai défavorable à l'alignement d'une équipe-type proche de celle de 2006 et un vivier de joueurs en forme, Raymond Domenech est resté sur son idée première. Avec aussi peu de certitudes il a suffit de petits grains de sables (blessures de Vieira et Henry, match nul contre la Roumanie) pour tout enrayer. Les prétendues forces mentales et collectives des finalistes de la Coupe du Monde 2006 n'ont même pas été entraperçues malgré une courageuse résistance contre l'Italie. Dans ces domaines la France peut trouver l'inspiration dans la terrible équipe d'Allemagne qui vient de retourner le Portugal. Comme la « Mannschaft » qui a vécu des années 1998-2000 difficiles, il faut retrouver un second souffle qui pourra mener les Bleus jusqu'au sommet. Loin d'être inactif et se reposer uniquement sur les anciens lors des éliminatoires, Domenech n'a pas osé partir sur une stratégie plus fougueuse pour le tournoi final. Dommage, aujourd'hui on sait que ce n'était pas la bonne stratégie.
C'est ce que l'on craignait depuis le premier match contre la Roumanie, la France est éliminée après un passage express à l'Euro. Les Italiens qui nous avaient qualifié pour la phase finale ne sont pas allés jusqu'à nous laisser aller en quart. La France sort donc par la petite porte avec un Euro faible, un seul but marqué, 6 encaissés en 3 matchs. Aucune victoire. Le bilan chiffré est amer et si l'on s'intéresse au bilan humain il paraît tout aussi désastreux. Cependant je ne vais pas rentrer dans les détails des relations entre les joueurs et de leurs états d'âme. Après un tel échec il convient tout particulièrement de revenir à ce qu'il s'est passé sur le carré vert pour ne pas polluer ses jugements d'idées fumeuses. L'échec est maintenant avéré et il faut s'en servir pour en dégager les enseignements et voir le travail accompli. Les systèmes de jeu : 4-4-2 : C'est le schéma tactique préférentiel mis en place par Domenech en l'absence de Zidane. Dans ce schéma de jeu, les ailiers jouent un rôle important puisqu'ils doivent faire la différence par leurs débordements ou leurs centres. Il revient alors aux deux pointes de conclure les actions. L'un des deux attaquants a aussi pour rôle de tourner autour de l'autre et d'être en appui de l'ailier porteur du ballon. On a vu ce mouvement en particulier lors des matchs de préparation avec le duo Benzema-Ribery même si celui-ci avait plus tendance à rentrer qu'à déborder. L'avantage de cette organisation est qu'il offre une belle présence sur toutes les lignes. Défensivement la présence de Toulalan et Makelele offre une assez belle sécurité et les milieux latéraux empêchent les contre-attaques développées sur les ailes. Le revers de la médaille se situe au niveau de la construction et de l'animation offensive. Avec aucun meneur et des milieux en position d'ailiers ayant des consignes de repli défensif, le jeu part de loin et l'on a du mal à trouver les attaquants. Les milieux latéraux se retrouvent trop bas pour pouvoir délivrer de bons ballons en profondeur et les milieux centraux ne participent pas à la construction. Le moindre rendement de Ribery en ailier, et sa tendance naturelle couvrir toute la largeur, posent également problème avec un schéma de ce genre. Autre crainte lors que l'on joue avec ce système : que les milieux latéraux ne soient pas en forme. S'ils ne parviennent pas à faire la différence, les deux attaquants se retrouvent sevrés de ballons et doivent venir les chercher plus bas. Ce système favorise aussi l'éloignement des lignes La France a évolué de la sorte face à la Roumanie et a confirmé les limites offensives du 4-4-2 de Raymond Domenech. 4-5-1 (détaillé en 4-2-3-1) : C'est le schéma de jeu qu'a choisi Raymond Domenech contre les Pays-Bas et lors des 30 dernières minutes du match face à la Roumanie. Dans cette organisation, on a le retour d'un meneur de jeu combiné au milieu avec deux latéraux et deux centraux pour occuper les tâches défensives. Le sélectionneur français avait plus ou moins été contraint de mettre en place ce schéma lors de la dernière coupe du monde pour utiliser pleinement Zidane en tant que meneur sans pour autant lui imposer de replacements défensifs trop contraignants. Cette fois c'est Ribery qui joue le rôle du 10 avec à ses côtés Govou et Malouda ; qui garde le même poste qu'en 2006. L'animation offensive se fait de façon plus construite que dans le précédent dispositif. Le meneur peut plus facilement trouver l'attaquant de pointe ou les milieux latéraux dans le dos des défenseurs. Il touche beaucoup de ballon et doit autant participer à la construction (orientation du jeu par les passes, se rendre disponible, fluidifier les transmissions de balle) qu'à la décision (prendre sa chance en frappant, délivrer une passe décisive, éliminer un joueur sur un dribble). Dans ce système l'équipe de France a paru moins bien en place qu'avec le 4-4-2 habituel. Ce schéma permet une construction plus efficace du jeu en passes courtes. La justesse technique et décisionnelle. Ribery ne semble pas complètement à l'aise dans ce rôle même s'il a fait l'un de ses meilleurs (le meilleur ?) matchs en Bleu en jouant à ce poste, dans les éliminatoires contre l'Italie. Sa capacité à se mettre dans le sens du jeu rapidement et son accélération balle au pied sont efficaces mais le joueur du Bayern manque parfois de feeling au niveau du dernier geste. Henry affectionne ce schéma qui lui donne la place royale de finisseur et d'attaquant sur lequel on s'appuie. Il a profité de cette position contre les Pays-Bas en marquant un but, manquant un duel et obtenant un penalty. Du point de vue du jeu sans ballon, ce système offre la possibilité d'un pressing plus marqué et exercé en premier ressort par les trois milieux offensifs. Dans la réalité des faits peu de joueurs avaient la capacité à faire un véritable pressing à part Toulalan. Au final les choix tactiques ont peu influé sur la performance des Français. Ceux-ci paraissaient avoir plus de repères en 4-4-2. C'est tout à fait logique puisque l'équipe n'a que rarement joué en 4-5-1 et que Ribery n'est pas un spécialiste du poste de meneur axial même s'il a tout le potentiel pour assurer ce rôle à l'avenir.
On avait du mal à tirer des conclusions du match face aux Féroé, mais contre une équipe de Lituanie beaucoup plus solide, la France a, une nouvelle fois, montré beaucoup de belles choses.
Dès la 2ème minute de jeu, Ribery enchaîne un double contact pour passer entre deux défenseurs et adresse une frappe surpuissante aux 25 mètres… le gardien lituanien la détourne par un excellent réflexe sur la barre transversale. Les frappes se multiplient et Malouda place une superbe demi-volée sur la transversale, cette fois-ci le gardien était totalement battu. Henry, jusque là invisible et souvent hors jeu, est excellemment servi par la talonnade d'un Ribery énorme mais force sa frappe qui passe loin au dessus. Le retour de Malouda a obligé Henry a resté en permanence dans l'axe alors que ses décrochements sur le côté gauche avaient été très utiles contre les Féroé. Benzema s'est montré très actif en première période et ses appels ont aidé à déstabiliser la défense. A la 38ème minute le lyonnais arrive lancé à l'entrée de la surface, sur le contrôle et en puissance, il fait la différence avant de tenter une frappe croisée qui passe à côté du but. Auparavant la Lituanie s'était montrée plus que dangereuse en contre : Ksanavicius passe entre Toulalan et Abidal avant d'enrouler sa frappe qui finit sur le montant d'un Landreau battu.
Le match devient compliqué et c'est Ribery qui tente sa chance hors de la surface pour faire la différence. Ce même Ribery qui est accroché par le maillot de façon évidente dans la surface de réparation. L'arbitre, assez bien placé pourtant, ne siffle pas cette faute évidente. Deux transversales, un penalty non accordé, on commence à se dire que c'est un match maudit. Mais Domenech lance Hatem Ben Arfa à la 70ème minute. Le jeune lyonnais, même pas titulaire en club, a une pression importante avec cette rentrée. Et il ne s'est pas loupé puisqu'il a été, avec Toulalan, un des meilleurs de cette deuxième période. Son débordement audacieux sur le côté gauche est à l'origine du premier but du match, il s'arrache pour servir Benzema qui met en retrait pour Henry. Le ballon finit au fond bien dévié par Ribery. Mais auparavant Ben Arfa avait servi une louche que le TGV Ribery arrive à redresser mais le prodige lyonnais manque sa reprise dans le but garni de défenseurs … et orphelin de son gardien. Deux énormes occasions et seulement 10 minutes de jeu pour le compère de Benzema. Et il ne s'arrête pas là. Après le deuxième but d'Henry (sur une excellente passe de Toulalan alors que Benzema hors jeu s'efface intelligemment) Ben Arfa transperce la défense par une passe en profondeur vers Benzema qui hésite un peu et manque un but pourtant assez facile.
Les hommes du match sont, pour moi, dans l'ordre Ribery, Ben Arfa, Toulalan et Henry.
1 - RIBERY : Une nouvelle fois il a joué en meneur de jeu et non enfermé dans son couloir droit. Les résultats sont là : il a été énorme, a plutôt bien tiré ses coups de pied arrêtés. Il a créé du mouvement, fait la différence par sa vitesse, ses prises de balles. Il a eu la lucidité de frapper de loin et ça aurait pu payer. Du point de vue statistique : une barre transversale, un penalty obtenu mais non accordé, un but marqué et donné logiquement à Henry, trois passes qui auraient pu être décisives (coup franc que Gallas ne fait pas fructifier, talonnade pour Henry qui tire au dessus, centre en retrait pour Ben Arfa qui manque lui aussi le cadre). Déjà intenable face aux îles Féroé, Ribery semble avoir faire comprendre à Domenech où il doit jouer à l'avenir… au poste qu'occupait Zidane. Il confirme avec les bleus qu'il a pris une dimension supérieure en seulement quelques mois au Bayern.
2 - BEN ARFA : Rentrée éblouissante du lyonnais. J'évoquais dans un billet précédent une entrée en fin de match pour faire la différence, Domenech l'a fait et Ben Arfa ne lui a pas fait défaut. Déjà buteur en fin de match samedi dernier, il a été bien plus à l'aise ce soir et a montré a toute la France ce dont il est capable. Ses passes et débordements ont été déterminants. Son placement côté droit qui lui a permis de rentrer avec son pied gauche a été très intéressant et a comblé légèrement le manque de présence sur le l'aile droite de la première mi-temps. Ses débuts en bleus, tout comme ceux de Benzema, promettent un avenir radieux pour l'équipe de France.
3 - TOULALAN : Il est pris en défaut par le superbe dribble de Ksanavicius mais a été précieux défensivement. En deuxième mi-temps il est monté d'un cran, comme à sa période nantaise et cela a apporté plus de liant au jeu. Il est auteur d'une superbe récupération en anticipant la passe du défenseur lituanien, il lance immédiatement Henry qui conclut. Pour son retour à la Beaujoire on a senti son envie de donner le maximum et il justifie sa place de quasi-titulaire au milieu de terrain des bleus.
4 - HENRY : Presque absent, très souvent en position de hors jeu en première mi-temps, il a plus décroché en 2ème mi-temps. Il a pris ses responsabilités même si ses premières frappes en puissance n'ont pas été cadrées. Au-delà de la statistique qui le fait passer devant Platini, il a été très bon finisseur au moment le plus important. Son entente avec Benzema se confirme même si Henry a paru un peu bridé par le retour de Malouda. Il aurait pu réaliser le hat trick mais Benzema oublie de le servir sur la droite et manque son duel. Il a joué en véritable pointe un peu façon Trezeguet...
Côté déceptions, la défense de manière générale n'a pas vraiment rassuré. On a senti les lituaniens capables de marquer sur chacune de leurs possessions, heuresement elles ne furent pas nombreuses. Le duo Malouda-Abidal n'a rien produit à part la frappe sur la transversale du joueur de Chelsea. Makelele qui, comme contre les îles Féroé, n'était pas vraiment utile dans ce match, surtout vu le rendement impressionnant de Toulalan. Il aurait probablement mieux valu aligner un ailier droit à la place de Makelele. Dommage aussi qu'Evra ne soit pas titularisé au vu de ses performances du moment.
Au final un très beau match de football avec du rythme, un scenario, des rebondissements et puis un finish haletant avec à la clé la victoire et le record d'Henry. Cela faisait bien longtemps que l'on attendait de prendre autant de plaisir à voir un match des bleus. Si Ribery continue de mener le jeu français et que le duo Henry-Benzema est reconduit, nul doute qu'on assiste plus souvent à des matchs de cette qualité.
Côté comptable bonne opération puisque l'on passe premier du groupe et qu'un nul en Ukraine suffirait à nous qualifier. Tout cela grâce à la défaite surprise de coéquipiers de Fergusson en Géorgie (2-0) malgré un poteau en première période de l'inévitable Mc Fadden. Il reste deux cas de figure pour que la France n'aille pas à l'Euro :
1er cas : Ecosse – Italie : Nul, Italie – Féroé : Italie, Ukraine – France : Ukraine
2ème cas : Ecosse – Italie : victoire de l'Ecosse, Italie – Féroé : Italie, Ukraine – France : Ukraine
L'idéal étant une victoire de l'Italie à Glasgow, qui nous qualifierait immédiatement. La France, qui n'a concédé que trois buts lors de cette phase qualificative (deux contre l'Ecosse, un contre l'Italie), est donc en position très favorable pour se qualifier. Attention tout de même à ne pas vivre l'un des improbables scenarios catastrophe. De son côté, l'Italie doit éviter la défaite en Ecosse pour assurer sa qualification. Les hommes d'Alex Mc Leish ont eux aussi leur destin en main puisqu'une victoire au Hamden Park de Glasgow les qualifierait. Trois équipes qui peuvent se qualifier sans rien à espérer des matchs des autres équipes, tout va donc se joueur sur le terrain et en particulier dans le match de la peur Ecosse-Italie. On souhaite bien du courage à nos amis italiens pour aller jouer ce match capital dans le temple du football écossais.
Encore une fois je suis assez d'accord avec les notes accordées par Pierre Menes sur son blog : http://fr.sports.yahoo.com/fo/pierrotlefoot/article/131851/
Malgré toutes les péripéties de l'arrivée des bleus aux îles Féroé, la victoire fut assez facile. L'avion de l'équipe de France est arrivé à peine quatre heures avant le coup d'envoi du match à cause d'intempéries qui ont bien failli faire annuler le match.
La France n'a pourtant pas tardé à ouvrir les hostilités : sur un débordement parfait de Ribery, suivi d'un centre tendu, Anelka en position de hors jeu marque le premier but du match. Le but est validé par l'arbitre et quelques instants seulement après ce but, nouvelle passe de Ribery pour Henry à l'entrée de la surface, il emmène le défenseur sur la gauche avant de repositionner le ballon sur son pied droit et d'ajuster un tir de l'intérieur qui finit malgré la déviation d'un défenseur dans le petit filet. Finition classique pour l'ancien Gunner qui rattrape Platini au classement des meilleurs buteurs en bleu (41 buts). Ribery a été incontestablement l'homme de cette première mi-temps par son activité, par ses prises de balle, par son placement en meneur de jeu, il est le seul à avoir pu accélérer le jeu des bleus. Le duo Henry-Anelka est lui beaucoup moins satisfaisant même si les deux ont marqué.
En deuxième période, Benzema remplace Anelka et le moins que l'on puisse dire c'est que cela s'est vu ! Le jeune lyonnais a fait la différence quasiment à chaque ballon qu'il a touché. Il s'est bien appuyé sur Henry et a apporté énormément aux offensives françaises. Trois minutes seulement qu'il est sur le terrain lorsqu'il marque d'une tête précise sur un coup franc très bien tiré par Ribery. Le joueur du Bayern comme un poisson dans l'eau avec ce positionnement en 10 en est à l'initiative des trois premiers buts français. Jérôme Rothen, très propre et toujours aussi excellent sur les centres, est récompensé pour son travail défensif important par un superbe but sur coup franc aux 25 mètres. Coup franc obtenu par Ben Arfa deux petites minutes seulement après son entrée. Le 5ème but offre son premier doublé en bleu à Benzema ; suite à un débordement supersonique d'Evra, Henry frappe en chutant, il est contré mais arrive à servir Benzema qui n'a plus qu'à mettre le ballon au fond. On en est déjà à 5-0 et cela ne s'arrête pas là puisque les bleus mettent un dernier coup d'accélérateur dans les arrêts de jeu. Henry décale Benzema qui élimine son vis à vis sur le contrôle. Il est fauché dans la surface mais l'arbitre laisse intelligemment jouer. Le ballon arrive jusqu'à Ben Arfa qui, pour sa première sélection, marque d'une frappe puissante et précise de l'intérieur du pied. Le jeune lyonnais qui avait eu du mal à trouver ses marques, positionné en meneur de jeu à la sortie de Ribery, a tout de même prouvé que l'on peut compter sur lui.
Il n'y a pas vraiment eu de joueur mauvais et pour cause le match était assez facile. Les hommes les plus en vus ont sûrement été Ribery, Henry et Benzema tous trois impliqués dans trois des buts de l'équipe. Evra, Rothen, Sagna et L. Diarra se sont aussi mis en valeur. Abidal, Makelele et Anelka étant probablement les joueurs les moins performants sur ce match. Une chose est sûre après ce match, Trezeguet a un avenir plus qu'incertain en équipe de France, vu la performance de Benzema, d'Henry et surtout du duo Benzema-Henry. Malouda peut aussi se faire du souci puisqu'en son absence, le couloir gauche Evra-Rothen soutenu offensivement par Henry, en première mi-temps, et Benzema, en deuxième, a été excellent et c'est de là que sont venus les buts. Cependant difficile de se fier à des conclusions tirées d'un match face à un adversaire aussi faible.
Autres avis sur ce match des bleus avec lesquels je suis plutôt d'accord:
Ca y est ! C'est la première sélection d'Hatem Ben Arfa avec les A. Après avoir fait venir les jeunes d'Arsène Wenger (Diaby, Sagna, Flamini, L. Diarra), ce cher Raymond prend un joueur de 20 ans seulement pour disputer des matchs capitaux pour la qualification pour l'Euro. D'abord lancé très jeune par Paul Le Guen en 2004, puis très peu utilisé à Lyon par Gérard Houiller, malgré des progrès significatifs en terme de repli défensif, de qualité de passe, de vision de jeu, de physique et surtout d'insertion dans le collectif. Auteur de quelques excellents matchs (pendant la Peace Cup surtout, mais aussi contre Metz ou Bordeaux) sans oublier des entrées plus qu'intéressantes (en particulier en C1 contre Barcelone et Glasgow), Ben Arfa ne semble pas rentrer dans les plans d'Alain Perrin. Pourtant il montre depuis la saison 2006/2007, à chaque fois qu'il en a l'occasion, qu'il a le niveau pour jouer dans cette équipe de Lyon d'autant plus que Malouda est parti. Son duo avec Benzema est très intéressant : les deux joueurs jouent ensemble à Lyon, jouaient ensemble avec la réserve et avec l'équipe de France espoir. Ils aiment jouer en vivacité, avec beaucoup de vitesse, de redoublements et de passes courtes. Chacun étant capable de faire soit la différence individuellement, soit la passe à l'autre, cela rend la tâche des défenseurs compliquée. Annoncé depuis longtemps comme un futur grand, Ben Arfa a finalement été plus lent que Nasri ou Benzema. Indésirable à Lyon ? Pourquoi n'arrive-t-il pas à s'imposer dans cet effectif lyonnais alors que Keita a un rendement des plus faibles ? Personnellement je ne vois qu'une erreur de choix de l'entraîneur comme réponse à cette question. Il doit probablement reprocher au jeune franco-tunisien son manque d'implication dans les phases défensives par rapport à Keita ou Govou, mais aussi ses excès de provocation balle au pied. Et c'est là où je ne suis pas d'accord avec Perrin du tout : le jeu de Lyon manque de percussion, de prise d'initiative, de mouvement, Ben Arfa a toute ses qualités et même plus. A la mi-temps du match Bordeaux – Lyon, le jeune lyonnais affirmait qu'il fallait continuer à attaquer pour marquer d'autres buts alors que le score était déjà de 0 – 2 en faveur de son équipe. Ben Arfa ne cache pas ses ambitions même s'il semble bridé par son faible de temps de jeu depuis deux ans (25 matchs de championnat en deux saisons dont peu en tant que titulaire). Son départ de Lyon avait même été évoqué. On lui reproche toujours un certain individualisme mais c'est de moins en moins vrai et le fait qu'il en soit à trois passes décisives en cinq matchs de L1 le prouve. Perrin et Houiller n'ont pas pris les risques pourtant moins élevés que ceux que prenaient Le Guen en faisant jouer Ben Arfa. Il a un peu le même style de jeu que Messi et on voit clairement, avec l'exemple de l'argentin, que prendre l'initiative d'encourager un jeune joueur de grand talent, même un peu personnel dans son jeu, peut payer. Le nouveau coup de Domenech : Après les surprises Ribery et Chimbonda pour la coupe du monde et d'autres choix farfelus, c'est la nouvelle surprise du chef. La sélection du lyonnais est d'autant plus incroyable que l'absence de Saha était une occasion rêvée pour Domenech de calmer le jeu avec Trezeguet en le rappelant. Au lieu de cela, le sélectionneur français provoque encore et va chercher un joueur que personne n'attend et qui n'est pas titulaire en club. Très probablement remplaçants, Benzema et Ben Arfa vont sûrement rentrer en cours de jeu en même temps pour utiliser les automatismes qu'il peut y avoir entre ces deux joueurs. Le but de leurs sélections, au-delà de ce qu'ils peuvent apporter sur le terrain, étant de leur faire prendre connaissance avec l'équipe de France et conscience d'un futur rôle qu'ils auront dans cette équipe. Le staff de l'équipe de France compte peut être aussi sur eux, en fin de match, pour clôturer la marque en cas de score déjà acquis ou même débloquer une situation délicate que serait un score nul. Dans tous les cas cette sélection est un message fort qu'envoie Domenech à Ben Arfa : il fait partie des joueurs auxquels le sélectionneur pense. Il suggère aussi par cette sélection à Alain Perrin, qui n'a laissé que 227 minutes de jeu en championnat au diamant lyonnais pour s'exprimer, de donner réellement sa chance à ce joueur.
