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Rubgy - Ouvrez les persiennes


Alors que le staff du XV de France souffle un vent de fraîcheur à chaque nouvelle liste de joueurs dévoilée, certains talents avérés s'impatientent.
Parmi eux on ne peut passer à côté de la jeune garde Toulousaine: Valentin Courrent, déjà auteur de 54 points en Top 14 et Maxime Médard ont de quoi espérer. Médard, qui vient de claquer un superbe doublé malgré la défaite face à Bourgoin, en est déjà à 7 essais depuis le début de la saison (autant que la star Vincent Clerc). Sa capacité de finisseur semble aussi avérée que celle du malheureux Poitrenaud, lourdement blessé il y a peu ou de l'étincelant Heymans. Cette nouvelle génération du Stade Toulousain marche sur les traces de celle de Michalak parti pour s'éprouver au pays des champions du monde.

Outre les nouvelles valeurs montantes stadistes, Benjamin Boyet rappelle qu'il est là. Buteur de talent, l'ouvreur de Bourgoin a également cette capacité à prendre les intervalles que semble rechercher Thomas Lièvremont. Preuve en est son superbe essai face à Biarritz, pourtant réputé pour sa défense. Une course intérieure et une feinte de passe ont suffit à déchirer le rideau défensif du BO, Harinordoquy étant complètement bluffé par la feinte de Boyet. Mais le meilleur est pour la fin puisque Boyet accélère et se joue de trois défenseurs basques par un slalom de très grande classe. Un essai magnifique dans la même veine que celui inscrit par Trinh Duc face à Perpignan en début de saison.
Contre Toulouse c'est un essai plein de ruse que marque Boyet, encore avec une course intérieure. Au cours de deux matchs face aux cadors du Top 14, le numéro 10 du CSBJ a mené son équipe à la victoire, marquant 17 face à Biarritz et 20 points face à Toulouse. Le buteur de Bourgoin, que l'on annonce sur le départ, a été décrié par les supporters de Pierre-Rajon qui peuvent maintenant saluer la réponse fournie par l'intéressé.

Yann David et Morgan Parra, fraîchement appelés pour jouer le tournoi des 6 Nations ont eux aussi marqué face au leader incontesté du Top 14. Espérons alors que l'autre marqueur d'essai face à Toulouse ne sera pas oublié des listes de sélectionneurs qui proclament l'ouverture comme politique...


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Rugby – Black and White

Bernard Laporte et le staff de l'équipe de France ont reconduit les 22 qui ont battu les Blacks, samedi dernier. Pas vraiment de surprise donc même si beaucoup attendaient Michalak en titulaire. L'ex ouvreur de Toulouse a été décisif dans le match contre la Nouvelle Zélande en offrant l'essai de la victoire à Jauzion, mais Bernard Laporte semble plus le considérer comme un joker et le match de la semaine dernière semble lui donner raison. Dure coupe du monde pour David Skrela, il n'a joué que le match perdu contre l'Argentine et ne figure toujours pas dans le groupe qui jouera l'Angleterre. Lui qui avait emmené les bleus vers la victoire du tournoi des 6 nations il y a quelques mois ne semble pas être dans les plans du sélectionneur. Malgré sa très mauvaise performance contre les Pumas, le joueur du stade français a été très constant cette saison et il pourrait jouer en premier centre faisant passer Jauzion en second centre, remplaçant un David Marty percutant mais pas irréprochable en défense.

LA STRATEGIE D'ATTENTE :

Ce qui paraît bizarre avec le XV qui sera titulaire c'est que l'on semble se diriger vers une stratégie similaire à celle jouer contre les Blacks en première mi-temps : beaucoup de jeu au pied, du gagne terrain et du jeu uniquement dans le camp adverse. Contre les Néo-Z, cette tactique avait permis de limiter la casse à la mi-temps ; c'était indispensable pour rester dans le match et se donner les moyens de faire douter les joueurs de Graham Henry en deuxième mi-temps. Contre les anglais on sait d'avance que l'on ne se retrouvera pas à 25 ou 30 points à la pause puisque ce n'est pas une équipe très joueuse. Le bénéfice d'une stratégie d'attente en première période est donc quasi nul.

Peut être que les consignes seront alors différentes malgré les mêmes joueurs alignés : Beauxis est aussi capable de faire joueur, d'accélérer le jeu, de percer même s'il est catalogué comme un pied, Traille pourrait profiter de sa taille (1.94 m tout de même !) pour lancer des chandelles à suivre plutôt que de chercher les touches systématiquement. De même Clerc et Heymans ne se sont pas vraiment exprimé balle en main samedi dernier alors qu'ils ont tous deux des qualités d'appui, de débordement qui donneront des possibilités de relances ou de jouer des ballons côté fermé. Heymans ne me paraît cependant pas être le meilleur choix d'ailier : dans le même registre de joueur puissant et rapide, Rougerie a une meilleure capacité à percer une défense resserrée comme risque de l'être celle des anglais.

En ce qui concerne les avants, les vétérans Ibanez, De Villiers et Pelous ont semblé dépassés dans l'intensité physique face à des Blacks maîtres en ce domaine. Cependant leur expérience pourrait être un plus dans un match qui s'annonce plus tactique que guerrier. Si cela n'était pas le cas, Szarzewski, Poux, Harinordoquy et notre Chabal national se chargeraient de remettre de l'intensité dans les impacts comme ils l'ont fait en rentrant contre les Blacks.

Rugby – Ils l’ont fait !!

Tout le monde attendait ce match France Nouvelle Zélande. Il était prévu pour la finale mais en rugby il y a toujours des surprises en encore plus en coupe du monde que dans les autres compétitions.

Première surprise dès le premier match de la coupe du monde puisque la France déjoue complètement et s'incline 17-12 dans un stade de France que les argentins du stade français connaissent presque aussi bien que nos bleus.

Mais la plus grosse surprise a été de voir cette équipe de France venir à bout des All Blacks dans un match avec une tension presque insoutenable. Le plan de jeu de la France si critiqué qui consistait dans un premier temps à repousser les blacks au pied n'a peut être pas permis de faire la différence mais a au moins eu le mérite de laisser les bleus avec un écart réduit à la pause (13-3). On sentait cette équipe de France capable sur les rares attaques portées de la première mi-temps (très bon premier temps de jeu conclu par un drop manqué de Traille). Le jeune prodige Beauxis, aligné malgré les critiques, perd son duel à distance face à Carter lors des 40 premières minutes justifiant l'avance des néozélandais.

Les All Blacks se sont laissé surprendre par le changement de stratégie du XV français en deuxième mi-temps. On savait Jauzion capable de beaucoup mieux que ce qu'il avait fait en match de poule, il a confirmé qu'il est bien l'un des cinq meilleurs centres du monde avec une performance exceptionnelle défensivement bien sûr mais offensivement enfin ! En effet le toulousain est omniprésent dans la finition du premier essai français : il adresse une très longue sautée à Thion qui créé un temps de jeu, puis Jauzion positionné en 9 pour réoriente le jeu grand côté. Après un autre ruck sorti par Elissalde, Jauzion lance une passe tendue qui saute Chabal pour Clerc celui-ci sert Dusautoir bien lancé qui échappe au placage et libère la France. L'orientation du jeu du tandem Jauzion-Elissalde a été parfaite sur cette action : un point de fixation au large à gauche, une ouverture grand côté pour se retrouver avec deux cotés disponibles, une ouverture puis deux passes rapides sur le côté en surnombre, du grand art.
Et puis bien sûr Jauzion est à la conclusion du second essai. Suite à une mêlée tournée libérée dans le fermé par Harinordoquy, Traille fixe deux défenseurs et passe les bras au bon moment mais en avant pour Michalak. Fraîchement entré en jeu la star française fait la différence par son accélération… et sa libération de balle : il cherche extérieur avant de se retourner et de trouver Jauzion seul dans l'axe, celui-ci termine le travail proprement grâce à une prise de balle très sûre. La France est, semble-t-il, allée trop vite pour les Blacks mais aussi pour l'arbitrage puisque ni l'arbitre de touche, masqué par Heymans, ni l'arbitre central, déjà distancé par Traille, ne signalent un en-avant flagrant dont on doit encore parler en Nouvelle Zélande.

La France fait subir à Graham Henry sa 6ème défaite pour 42 victoires avec les « tout noirs ». Mais contrairement à celle subie face à l'Australie dans le dernier Tri Nations, où ses joueurs étaient complètement sortis du match après la mi-temps, là on doit cette surprise à une réaction énorme des bleus et quelques coups du sort. La sortie de Carter, l'essai manqué pour quelques centimètres par Ali Williams et puis pour finir cet en-avant non signalé autant de rebondissements que les coéquipiers d'un McCaw, pas décisif hier soir, ne doivent pas digérer.

Ce match a été superbe par l'engagement, le duel permanent, le refus de lâcher des points à l'adversaire (symbolisé par la défense acharnée des bleus qui ne prend pas de points pendant quasiment 10 minutes de temps jeu néozélandais), la qualité technique (essai superbe de Dussautoir ou de So Oialo). Ce match aurait mérité d'être une finale et ce sont probablement les deux meilleures équipes du monde qui se sont affrontés hier pour nous donner l'un des plus beaux matchs de cette coupe du monde. Coupe du monde qui ne réussit pas aux Blacks, chaque fois favoris et qui n'en ont remporté qu'une. C'est même paradoxalement cette année qu'ils étaient peut être le plus favoris depuis 1999 et ce quart de final est le pire résultat pour le « Brésil du rugby » en coupe du monde. Malgré cinq Tri Nations remportés sur les six dernières éditions, les Blacks n'y arrivent toujours pas dans la plus prestigieuse des compétitions internationales.

La France confirme que le « French Flair » n'est pas mort et, après des débuts calamiteux, entrevoit maintenant d'aller au bout de cette coupe du monde. Cependant « le match le plus dur c'est toujours le prochain », Laporte n'oubliera pas de le rappeler aux joueurs.

Rugby - Le XV de Laporte contre les Blacks

XV de départ : Traille; Clerc, Marty, Jauzion, Heymans ; (o) Beauxis, (m) Elissalde ; Dusautoir, Bonnaire, Betsen ; Thion, Pelous ; De Villiers, Ibanez (cap.), Milloud.

Voilà l'équipe qui aura pour mission de battre la Nouvelle Zélande. En ce qui me concerne j'avais bien vu en titularisant une charnière Beauxis - Elissalde mais je n'ai que 8 joueurs en commun avec le staff de l'équipe. Chabal, sur le banc, sera donc un joker et pourra imposer son physique en fin de match.

Rugby – Qui pour affronter les Blacks ?

Cette question est restée en suspens depuis la défaite contre l'Argentine mais la réalité revient très vite. La France s'est bien reprise sans être aussi écrasante que ne peuvent l'être les nations du Sud mais en montrant quand même d'énormes qualités dans le jeu. Le bonus offensif était jouable contre l'Irlande mais, dans le « match de la peur », Elissalde a préféré logiquement engranger des points plutôt que de jouer les essais.

Les premières minutes du match ont été marqué par la fébrilité des deux équipes : on jouait à gagne terrain sans même trouver de touche. On a bien vu que la grosse carence du XV de France est le jeu au pied tactique. On ne trouve pas les touches et cela a porté préjudice bien sûr contre l'Argentine.

L'analyse de Jonah Lomu du match Ecosse – NZL dit ceci : « Les All Blacks ont assiégé le terrain écossais avec 70% du temps passé dans leur partie et près de 60% de possession de balle ». Résultat 40-0 malgré beaucoup d'erreurs de mains des Blacks que l'on peut attribuer aux couleurs de maillots qui étaient très ressemblants. Il faudra donc pour les bleus, s'ils rencontrent les « touts noirs » avoir un jeu au pied performant permettant d'aller jouer dans leur camp.

Au sujet de cet équipe de France on a des éternelles questions sur l'équipe alignée : les deux derniers matchs ont vu la filière toulousaine s'affirmer et a comme arguments les deux victoires qui ont relancé la France dans sa coupe du monde : Elissalde, Michalak Traille, Clerc, Marty, Poitrenaud et Heymans ont battu Namibie et Irlande consécutivement. Jauzion, Rougerie, Dominici, annoncés comme des piliers ont été condamnés à regarder les autres jouer. Certains sont quand même rentrés en fin de match contre l'Irlande. Comment va-t-on organiser nos lignes arrières qui seront confrontés à la meilleure ligne offensive du monde : Howlett, Rokocoko, Mauger, Mc Allister, Mac Donald sans oublier les la charnière étincelante Kelleher-Carter ? Les choix vont être difficiles mais il ne faudra pas se tromper.

LA QUESTION DE L'OUVREUR :

Je parlais plus haut de l'importance du jeu au pied. En coupe du monde il est de la plus grande importance de bien gérer les coups de pieds. Pour preuve l'Afrique du Sud et l'Angleterre sont devenues championnes du monde sur des drops. On peut aussi se souvenir de la victoire de la France contre les Blacks en 1999 ou Titou Lamaison avait été extraordinaire. Je vais considérer que le jeu au pied est l'œuvre de l'ouvreur ; à l'inverse de Laporte qui fait jouer Traille pour suppléer Michalak. Ainsi on a le choix entre Beauxis, Michalak et Skrela.

Beauxis a probablement l'avantage sur le jeu au pied grâce à la puissance de celui-ci. Sa jeunesse (21 ans) et le manque d'expérience qui va avec, jouent en sa défaveur. Le fait qu'il ait très peu joué et qu'il est peu connu des autres équipes peut être un plus si Laporte le conserve comme arme anti Black. Tout le monde regarde les vidéos de tout le monde donc un joueur n'ayant pas joué peut dérégler toute une stratégie adverse. De plus il est un très bon buteur ce qui ne l'oblige pas à être aligné avec Elissalde et tout aussi capable, ballon en main, de prendre des intervalles en puissance et en vitesse.

Skrella a lui toutes les qualités d'un joueur de rugby : très bonne technique balle en main, bonne qualité de passes, coups de pieds sûrs (sauf contre l'Argentine malheureusement), excellent plaqueur et joueur capable de lire le jeu de l'adversaire. On peut lui reprocher d'être moins rapide que Beauxis ou Michalak mais techniquement c'est un parfait. Il a été le numéro un indiscutable qui a mené les bleus à la victoire dans le tournoi des six nations, profitant il est vrai de l'absence de Michalak. Il est aussi champion de France avec le Stade Français, il reste sur une saison exceptionnelle. Ce qui pourrait l'empêcher de jouer ouvreur contre les Blacks : il revient d'une légère blessure, il a manqué son rendez vous contre l'Argentine, le choix tactique d'une équipe plus rapide que technique, il peut jouer en premier voire second centre.

Quant à Michalak, fier de son burger et de son très bon bilan pendant cette coupe du monde (2 victoires, des coups de pieds offensifs décisifs contre l'Irlande), il est le choix de la continuité : le fameux « on ne change pas une équipe qui gagne». Sa vitesse et la rapidité de ses prises de décisions permettent d'accélérer facilement le jeu des lignes arrière. Son manque de puissance athlétique, comparé aux deux autres prétendants au poste, un est inconvénient face aux néozélandais. Autres éléments importants en sa défaveur : les coups de pieds tactiques et le rôle de buteur ne font pas partie de ses qualités ; il faut donc un autre joueur pour compenser ses manques. Il en a même fallu deux contre l'Irlande : Elissalde en buteur et Traille en tacticien. Avec Michalak en 10 on est alors obligé d'avoir soit Elissalde, Beauxis, Skrella ou Traille sur le terrain fermant alors la porte à Marty, Mignoni ou Jauzion selon les choix de l'entraîneur. On est aussi obligé à chaque coup de pied de dégagement d'inverser l'ouvreur et le premier centre, ce qui n'est pas la meilleure chose pour taper sous la pression que les coéquipiers de McCaw risquent de mettre sur les bleus.

MON EQUIPE :

Je me suis principalement intéressé au rôle de l'ouvreur qui sera à mon sens primordial avec celui du buteur mais les avants auront bien entendu une très grande importance dans la récupération des ballons. Voilà donc l'équipe que j'alignerais contre les Blacks, en considérant qu'il n'y aura pas de blessés contre le Géorgie. Une équipe qui allierait selon moi vitesse (Clerc, Beauxis, Poitrenaud, Dusautoir), percussion (Chabal, Thion, Nallet, Rougerie, Jauzion), défense (Jauzion, Skrela, Chabal, Thion), mêlée (Mas, Ibanez, Thion, Nallet), technique (Jauzion, Skrela, Elissalde), jeu au pied (Elissalde, Skrela, Beauxis) et de nombreuses possibilités de buteur (Elissalde, Beauxis, Skrela).